4 Commentaires
  1. Veronique Grandmont 2 ans Il y a

    Bonjour! Je suis vraiment intéressée par le sujet:-)
    Je suis une ergothérapeute, pratiquant l’approche Padovan et je fais personnellement du chant depuis 1 an. Alors voyez d’où provient mon intérêt sur le sujet;-)

    En fait je voudrais clarifier une chose que je ne comprends pas bien: est-ce que ça s’applique pour les très courtes durées seulement? Genre de la pliometrie des cordes vocales? Car j’ai l’impression que par contre, si je veux avoir plus d’endurance pour les muscles de mes cordes vocales et pouvoir soutenir une note avec bcp de puissance en voix de poitrine, je dois absolument aller élargir ma cage thoracique en inspirant, puis trouver l’appui en poussant vers le bas ( un peu comme le Valsava ) pour éviter « l’élongation musculaire » de mes cordes vocales et pouvoir me rendre jusqu’au bout! Pourriez-vous élaborer sur la différence de gestion de souffle entre les deux contextes? Merci d’avance !

    • Auteur
      Ève Godin Rheault 2 ans Il y a

      Bonjour Véronique,
      Je vous remercie pour votre message.
      Ça me fait plaisir de répondre à votre questionnement.
      Toutefois, je précise que je ne connais l’approche Padovan que de façon sommaire. Si vous souhaitez questionner des liens plus précis avec celle-ci, nous pourrons communiquer ensemble plus directement.
      Aussi, je ne suis pas tout à fait certaine de comprendre ce à quoi vous faites référence par rapport à cette vidéo-ci. N’hésitez pas à préciser si je ne réponds pas à ce que vous aviez en tête.

      Je suis bien d’accord que pour pouvoir soutenir une note plus longtemps, les muscles doivent faire preuve de plus d’endurance, mais pas seulement au niveau des cordes vocales toutefois (encore plus significativement dans le cas d’un volume plus élévé).
      En effet, pour soutenir une note à fort volume longtemps sans me fatiguer ou me blesser, les fausses cordes vocales ou bandes ventriculaires doivent pouvoir tenir en rétraction pendant la phonation et mon ancrage (pectoraux, grands dorsaux, carré des lombes, différents muscles de la tête et du cou) doit aussi pouvoir tenir le coup pour notamment freiner la remontée du diaphragme et ainsi diminuer la pression de l’air sous les cordes vocales.
      Par exemple, dans cette vidéo, comme il s’agit d’un effort vocal considérable (le cri), la durée de la phonation n’est pas un élément clé. Je produirai une phonation plus saine en diminuant la quantité d’air inspirée, que ce soit très court ou très long. Comme le débit de l’air sera ralenti, qu’il sera économisé, que mes cordes vocales seront plus libres de travailler, je pourrai produire la note aussi longtemps sinon plus longtemps qu’en prenant beaucoup d’air.

      Plus la tâche vocale à accomplir est exigeante pour les cordes vocales, plus le degré d’effort dans la rétraction des fausses cordes vocales et dans l’ancrage torse/corps et tête/cou doit être élevé et moins je veux emmagasiner d’air à l’inspiration. Je sais que ça diffère de ce qu’on entend souvent dans l’enseignement traditionnel du chant et que ça peut être un peu confrontant parfois. Les recherches de Joe Estill valent toutefois la peine qu’on s’y attarde de par leur cohérence, leur rigueur et leur clarté. Vous pourrez vous faire votre propre idée ensuite.

      Le volume du son émis vient d’une durée plus longue de la phase de fermeture des cordes vocales pendant la phonation. Elles sont alors plus épaisses. Le modèle Estill Voice Training nomme d’ailleurs cela la masse épaisse des cordes vocales (ce qui peut correspondre à la voix de poitrine dans l’enseignement traditionnel). La masse des cordes vocales se maîtrise, se contrôle volontairement. Pour qu’elles puissent vibrer avec intensité sur toute leur épaisseur, elles doivent être bien scellées (sans fuite d’air possible) pendant la phase fermée de la vibration. Si j’ai une grande quantité d’air ou si je pousse sur l’air pour le faire sortir, la pression deviendra alors trop grande pour les cordes vocales et un enchaînement de réactions physiologiques me rendra à risque de fatigue vocale, voire de blessures aux cordes vocales.

      Élongation musculaire par rapport au volume et la durée : Je ne pense pas. Les cordes vocales ne s’étirent pas plus en travaillant plus longtemps ni en maintenant un volume plus élevé. Elles s’étirent quand la note est plus aiguë et lors de la bascule du cartilage thyroïde.

      Valsava : Je ne crois pas que ce soit comparable pour ma part. Le tympan ne s’ouvre et ne ferme pas, de là la dangerosité. Les cordes vocales, elles, s’ouvrent et se ferment. S’il y a trop de pression dessous, elles s’ouvrent simplement. Ou alors les fausses cordes vocales viendront à la rescousse en se contractant (comme lors de la toux ou l’effort intense pour pousser, tirer ou soulever une charge par exemple), ce qui risque de me mettre un peu dans le pétrin côté santé des cordes vocales. Quand on s’étouffe par exemple, les cordes vocales ferment et les fausses vocales se contractent, la pression monte, puis se relâche subitement comme un éclatement, tout ouvre, l’air passe avec vigueur (la toux) et le bolus alimentaire remonte et retrouve son chemin vers l’oesophage. Ça se régule tout seul dans la grande majorité des cas. Gardons en tête que la voix s’éraille souvent lors d’une toux persistante. Reproduire cette situation en contexte de phonation ne nous rend pas service.

      Bref, il y aurait encore beaucoup à dire, mais l’essentiel est que la gestion du souffle se ressemble dans la durée pour la même qualité vocale. Simplement, j’économiserai plus mon souffle quand je veux chanter longtemps.
      À moins que je change la masse ou la tension de mes cordes vocales. haha ! C’est un sujet complexe comme vous le voyez 😉
      Le souffle s’ajuste aux structures qu’il rencontre. Je dois gérer mon souffle selon la qualité vocale, le timbre, avec laquelle je veux chanter ou parler. Il n’y a donc pas une seule respiration possible ou optimale quand on parle du travail de la voix. Tout dépend de comment je veux l’utiliser.

      J’espère que vous trouverez réponse à votre questionnement dans ce message.
      Tel que mentionné, vous pouvez me revenir si vous avez besoin de précisions ou d’éclaircissement.
      Le formulaire de contact peut aussi être utilisé à cette fin.
      Je vous souhaite une belle journée.
      Ève

      Et surtout amusez-vous ! Testez. Expirez avant de commencer à chanter un passage plus difficile ou n’inspirer simplement pas avant. Voyez ce qui se passe, comment vous vous sentez. Essayer de laisser les abdominaux tranquilles pendant la phonation. Vous pouvez même bouger le bassin en même temps pour vous aider à les garder tranquilles. Observez ce qui se passe, comment vous vous sentez.

  2. Josiane Caron Santha 2 ans Il y a

    Merveilleux! Tellement intéressant et bien vulgarisé!

    • Auteur
      Ève Godin Rheault 2 ans Il y a

      Merci beaucoup Josiane ! Je suis contente que tu apprécies !
      Bonne journée !
      Ève

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